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Jour 12 - concert à EARTH Cafe

Je suis réveillé vers 10h par les bruit d'une engueulade dehors. François à ouvert, comme à son habitude, le café de Daichi le matin. Même si Daichi n'est pas levé avant midi et donc le café fermé avant midi, la grille de métal est levée. Un gar (qui connais Daichi) veut rentrer pour aller au toilette mais François l'en empêche. S'en suit un malentendu dont le volume me réveille. L’incident passé, nous voilà réveillé, je vais acheter deux nouveau jeux de cordes et une bandoulière pour ma guitare.
De retour à Earth, puis on va déjeuner avec Gaël et Yuko, au restaurant de Tsukemen.
Après le repas Gaël et Yuko vont faire une sieste.J'aide Daichi et Makiko à installer la salle et les lumières et a faire les réglages de volumes.
François se construit son costume de Batmanubis et parcours le quartier en distribuant des flyers.
 Gaël descend et on commence à faire nos balances
Shouyu et Tokiko arrivent. Ce soir je vais mettre le Yukata noir avec un noeud de obi fait par shouyu.
Dans le public il y a une petite fille très Kawai qui joue avec François et Makiko
Le concert commence par shouyu, première parie shouba (shouyu avec un masque de grand mère, puis shouyu), puis c'est Okachimenko shamisen et hautbois puis nous.
Un long programme que me donne Mr Gael en derniere minute
Ecris moi, Les loups, Le christ, Ange, Les poissons rouge , Hanna fubuki, Sumimasen, le Deserteur, Aie ga Itai La muse en noir. On essaie Neopunck, mais elle n'est pas encore prète.
Après le concert retransmit en mondovision sur Facebook, on discute avec les amis et les nouvelles têtes.
La pluie qui a commencé à tomber drue pendant le concert commence à baisser. Après le départ de Tokiko, je vais acheter de quoi manger au Combinis, que je partage avec une bière avec Daichi et François en liaison avec Montreal.
Fatigué, mais requinqué par le massage de Tokiko Daichi ferme la boutique, un peut plus tôt ce soir.
Demain on part à Nagoya

Jour 2 Osaka station - Dobutsuhenmae de nuit


Je dort jusque tard pour récupérer du décalage horaire. Levé vers 12h00, Daishi san est en bas, je prends un café froid puis je sort acheter quelques karahage et un Onigiri au combini.
Puis je vais trainer chez Don Kirote. Il me faut des convertisseurs prises française - prises japonaises et un support pour le téléphone portable, parce-que je me suis dit que c’était sympa de faire des lives sur Facebook pendant notre voyage.
Je trouve a peut près ce qu'il faut et je rentre à Earth. Shouyu viens nous rendre visite, je suis bien content de la revoir. On passe un moment à discuter, et elle me donne des flyers qu'elle à préparé pour les deux concerts à Earth café, je vais aller les porter à ParaDIce ou on doit jouer aussi.
On part ensemble prendre le métro, Shoyu prend la JR line.
Mais elle me rejoint sur le quai, elle avait oublié de me donner d'autres flyers à poser chez ParaDice.
Je pause les flyer chez ParaDice, le patron se souviens de nous l'an dernier.
Je rentre et prends une douche avant de me diriger vers Dojima et l'Izakaya Gochisoutsutajiro ou on avait bien mangé l'an dernier. J'y vais avec Mayuko san qui sera aussi à Biwako Biennale ou je joue le 16. On mange très bien et on boit du saké. D'abord le nigorizaké de shinkame, frais et délicieux, puis un saké chaud, moins bien.
On va ensuite boire des cocktail en regardant des poissons dans des aquarium, occupation méditative et originale. C'est amusant, les cocktails sont bon.
Déjà minuit, il pleut, on marche sous la pluie jusqu’à Osaka Station. Heureusement que la pluie cesse, je décide de rentrer à pied jusqu’à Dobutsuenmae, ou je retrouve Daishi san toujours sur le pont à 2h.

Jour 23 - Yasumi hiru Izakaya


Aujourd'hui est un jour de repos, après un sommeil lourd je me reveille vers 10h30, une douche et je m'attaque avec l'aide de Ryusuke a limer les frettes de ma guitare qui font un peut de bruit.
Je doit changer mes cordes une fois de plus et passer des matins aux Elixir a cause de la corde de sol qui casse a la base lors de l'accordage.
On va ensuite manger des tsukemens avec Gaël et Ryusuke avant de retourner se repauser.
Le soir on fait une petite ballade jusqu'au quartier d'Asakusa pour aller diner dans un Izakaya recommendé par Ioshi, le directeur de la brasserie Shinkme de Saitama.
Il y a plein d'amis invitès : Ryusuke et sa copine, Susumu et Maki de Sister Paul. Dans l'après midi François et Emilie ont trouvé un trésor qu'ils partagent.
On mange bien et on bois du super saké.
On rentre a pied en chantant des chansons françaises. Et on finis cette soirée en regardant Dark Crystal en VO sous titré anglais.

Jour 12 - Nagoya 夜空に星のあるように


Ce matin, après une courte nuit car on s'est couchés super tard à cause du blog et du rendu de la vidéo d'hier, on se réveille vers 9h30. On doit partir vers 10h pour le shinkansen afin d'être à 11h30 à peu près à Nagoya.
Daïshi vient  nous voir alors qu'on est en train de plier nos affaires; il a reçu un appel de Shoyou qui pense qu'il y a une meilleure façon que le shinkansen d'aller à Nagoya; mais comme c'est plus long on prèfère quand même le shinkansen. Alors Shoyou va venir au Earth café parce qu'elle veut nous accompagner à la gare.
Du coup on l'attend dans le café et on part avec elle et Daïshi pour shin-osaka. La belle équipée. Après des embrassades amicales, Shoyou me tend un sac avec des bouteilles d'eau et une petite enveloppe "Bandohan karadesu"; c'est pour nous payer un déjeuné !
On arrive une heure à peine après à Nagoya où Yuko nous attends, on charge les affaires dans sa voiture et on prend la direction d'un grand centre commercial.
On déjeune d'un tonkatsu de centre comercial et puis on rejoins Bara san et Koji dans le studio et est dans un magasin de musique Shimokura.
On travaille "La Chance", "Le deserteur", "La bibliothèquebrule", "le christ", "Hanna Fubuki", "sumimasen", "ecris moi"...
Puis on enchaine et on se rend à la livehouse du jour 夜空に星のあるように, ce qui signifie "Il y a des étoiles dans le ciel".
C'est un petit salon très cosy en sous sol, tenu par un vieil homme et ses enfants. On s'installe et on fait nos balances; l'athmosphère est très sympa.
François se peint en noir et met en costume un des kimonos offert par Daïchi blanc et violet.
Et Emilie c'est à Emilie de s'habiller en collègienne aujourd'hui !
 On va manger des giozas en buvant une bière en attendant le concert. Première partie Atsuko, toute jeune fait des chansons kawaï à peine rock.


Puis c'est des chansons à texte sur un ton un peut rock qui énerve françois, et enfin c'est nous. François descend de son nid qu'il c'était trouvé et où il est resté tout le début de la soirée et investi la scène.
Rapidement tout les spectateurs se retrouvent interpelés, pris a partis et même mis à contribution au spectacle.
Après le concert on passe un long moment dans cet endroit familial et sympa à tchatcher de tout et de rien, buvant des bières et mangeant des Edamame.
Ce soir on retrouvera les tatamis de la chambre d'amis de Yuko chan.

Jour 44 - retour à l'école de Changmi Chan

Aujourd'hui Changmi Chan nous propose d'intervenir une fois de plus dans sa classe d'anglais, avec des enfants entre 4 et 6 ans, ce que j'accepte avec plaisir.
Le matin, je vais au Kombini, après un petit café glacé j'achète un petit carnet et un crayon-pinceau d'encre de chine pour m'entrainer aux kanjis. Je retrouve Changmi vers et on va manger un morceau.
On part pour l'école vers 13h, et je retrouve certaines petites tête déjà vu au début du mois. On refait les contines en anglais de la dernière fois, j'acompagne à la guitare, puis quelques jeux autours de l'anglais.
Les enfants sont adorable, je m'amuse à les étonner lorsqu'on me demande "what is your favorite food", je répond toujours "Rabbit", même si ce n'est pas vrai, car ça les étonne toujours qu'on puisse manger du lapin; et on me demande toujours après si les français mangent aussi du chat ?
 Fatigué en fin de journée, on rentre sur Nagoya, Changmi me dépose au bureau de Yuko, puis on va au studio. On va manger un bento sur la petite place a la fontaine en attendant que Yuko finisse son travail puis on rentre chez Yuko manger des Gioza et du poisson cru. Aujourd'hui c'est la première pleine lune de septembre Tsukini, qui marquait la fin des moissons dans le japon ancien et ou on contemple la pleine lune en mangeant des Tsukini Dango, boulette de pâte de riz sucré.


Jour 43 - Concert au Huck Finn

Aujourd'hui on a un concert au Livehouse "le Huck Finn", c'est une courte intervention entre deux groupes programmés ce soir.
Après un déjeuné de poisson cru et riz blanc, on se met en route pour Nagoya, retrouver Yuko à son bureau qui nous conduira au Livehouse.
On arrive durant les répétitions et réglage de batterie. Visiblement, comme à Golden Egg, le son va étre trop fort, je part à la recherche d'un Kombini pour acheter des boulles Kies. Je tourne un peut dans le quartier mais n'en trouve pas, ou bien ils n'ont pas de boules Kies.
Retournant vers le Huck Finn, je croise la voiture de Changmi et Yasumin. Elle restent avec nous un moment durant les balances et les répétitions. Finalement avec Yuko, Yasumin et Changmi on trouve un supermarché avec un rayon pharmacie et on achette les boules Kies.
On retourne au Huck Finn, Changmi ramène Yasumin à la maison, elle reviendra dans la soirée pour le concert.
On va acheter des bentos qu'on mange devant le club en faisant connaissance. avec des artistes de ce soir. Le temps est très doux, il fait bon.
Le programme de ce soir commence par Mr Charlie en formation avec un ami a lui, batteur. Puis un second grouppe tendance punck, après lequel on fait un court interlude de deux chansons avant la prestation de "Leak Leek" avec qui nous avons partagé le "Ripple" vendredi dernier.
Le ton est très rock-punck expérimental. Lors de l'entracte on tranche avec "Le christ aux oliviers" avec la violoniste de "Leak Leek" et son violon rouge. Puis Sumimassen, en nous baladans dans le public avec nos petits amplis.
"Leak Leek" monte sur scène pour une prestation très éthilique, puis c'est Sister Paul. Duo original une batteur et un bassiste, au look très "Cure", la batteur chante en jouant un style plustôt percutant. On pense un peut au Rita Mitsuko pour le cotès duo.
La soirée se termine on reste un moment a discuter avec les artistes dont Sister Paul de Tokyo et on s'en va sous la lune profiter de la nuit.

Jour 25 - Une nuit à Osaka

Finalement Amie ne peut pas répéter ce matin, on dort donc un peut plus que prévu et je consacre une partie de la matinée à rédiger quelques mots pour les amis.
On déjeune, Yuko à préparé de bons onigiris et une omelette, très bon. En début d'après midi Yuko nous amène à Nagoya. On va faire un tour dans le magasin d’antiquités qui était fermé hier.
Il y a des étages pour les antiquités européennes et des étages pour les antiquités japonaises. Il y a beaucoup de bric à brac avec au milieux quelques pièces intéressantes. Un vieux koto qui semble en état, une collection de 78tours que malheureusement on ne peut pas écouter; impossible de savoir si on tombera sur une chanson romantique où une marche militaire. Il y a aussi des petites tables pliantes en bois très pratiques et pas forcément chères.
On repart sans rien acheter. Le restaurant de Soba nous appelle, il y a cinq places de libres pour demain soir, du coup on appelle Yui pour lui dire qu'on ira finalement à 7h dans cet Izakaya; elle rappelle quelques minutes plus tard pour dire qu'elle ne peut pas venir, car c'est a la fois trop tôt a cause de son travail, et trop tard à cause de son emploi du temps du lendemain... souvent Nagoya-jo varie, bien fol qui s'y fie.
On prend le shinkansen jusqu'à Nagoya et on retrouve le chemin de notre bon métro dans l'immense labyrinthe d'Osaka Station.
Arrivé à Minamimorimachi ( à vos souhaits ) on cherche le chemin du Shakura club.
On retrouve Korey, le flutiste avec qui nous avons fait deux concerts mémorables l'an dernier et sa compagne Momoko qui est danseuse.
Il y a une scéance de méditation dans la magnifique arrière salle du Shakura où nous avions joué l'an dernier, le jour du typhon. On reste donc dans la boutique, attablés autours d'un verre et pendant quelques heures on fait défiler 17 morceaux du répertoire. A la fin on est tous un peu fatigués et on a fin, on va manger des nouilles chinoise et du poulet grillé.
Mr Takashi nous ayant fait faux bons, on choisi de dormir sur la terrasse de l'hotel Koku ko avec vue sur les toits et les étoiles, il y a de l'air on est bien comme des oiseaux de passages à Osaka. Demain on répète avec Korey, Momoko et le percussionniste Ryouta.

Jour 17 - Dame blanche sur les toits d'Uguisudani

Aujourd'hui on a une grande scéance de travail prévue avec Amie de 15h à 18h.
Le matin, après un french breakfast, œufs à la coque et brioche parfait concocté par François, on regarde quelques vielles photos et vidéos de nos concerts que Mr Go et Ryusuke découvrent. Et ils découvrent aussi combien on a physiquement changé depuis nos débuts avec Mr Gaël dans ce duo comique qu'était "Gaël et Gilles", puis notre période chanson à texte de "l'Alphabet désiré". C'est drôle de voir nos trognes à presque 10 ans d’intervalle. Et ça ne pardonne pas !
Je retrouve sur mon disque dur de vieilles photos que mon papa (dont c'est l'anniverssaire aujourd'hui : お誕生日おめでとうございますおとうさん!) a prise lorsque j’étais tout bébé. C'est l'occasion de présenter ma famille à mes hôtes japonais.

On regarde un de mes films japonais préféré : "Akai hashi no shita no nurui mizu" de Shôhei Imamura et on rigole bien de cette femme (excessivement) "fontaine" pour ne pas dire "femme-geiser"!!!!

Puis on se rend à la répétition et on travaille bien. Ensuite on va au parc Ueno et on refait la performance de Lundi dans le bassin, mais cette fois-ci on la filme pour de bon et on a un meilleur timming. Correspondance étrange avec le film, François devient l'"homme-fontaine", chahuté, bousculé, transpercé par les eaux du Parc.




Après la performance je distribue quelques cartes de visite aux alentours.

Puis on se rend à pied dans le quartier d'Uguisudani.



On va manger Go, Gael François, Amie et moi de délicieux "tsukemens" avec des oeufs dans le bon retaurant de dimanche dernier. Puis on va chez Ryusuke où Junnichiro nous rejoind (le clan Katayama est au complet: attention !) et on s'installe sur la terrasse sur le sommet de l'immeuble pour passer une soirée agréable à siroter du bon saké. Évidemment comme on est en période de "Obon", comme on l'an déjà dit; on ne peut éviter d'assister à des apparitions spectrales et mystérieuses  sous la lune.




Jour 14 - Répétition avec Amieちゃん


Le bus arrive vers Tokyo à 7h30, on a droit une dernière fois a la lumière a fond balancé par la gueule, on dit "merci" et on s'enfourne dans le métro de la Yamamote Line, direction la maison de Ryusuke qui nous attend chez lui.

On se repause un peut, prend une douche, se déplie des froissage de la nuit, puis on décide d'aller manger des Udons pas loin. A peine est on en route qu'il se met à tomber des cordes, le typhon n'est pas loin !
Le Udon etant fermé on rentre dans un très bon Ramen et on se régale quand même.
Puis on retourne chez Ryusuke finir la sieste avant de partir pour Nakani, à 30mn.

C'est là qu'on retrouve Amie, rentrée l'an dernier et qui s'occupe de la revue ふれんす。
On va boire un verre dans un café en sous sol et on discute pendant 1h30 avant d'acceder a la salle de répétition. Celle ci est de bonne qualitée, l'isolation phonique est bonne et le son est bon.
On travaille "Les loups" puis "Alibaba" et "Anna fubuki".
Les propositions sont très intéressante et Gaël dirige parfaitement la séance de travail.
On fait aussi une très belle version de Aie en duo avec François et Ami.
Le soir on doit retrouver Junnichiro, le frère de Goo et Ryusuke, mais on se perd en allant beaucoup trop loin et on finis par trouver l'Isakaya (qui est très prêt de la gare) en appelant Ryusuke sur son téléphone.
On passe une bonne soirée entre bière de Sapporo et petits plats et on fait la connaissance de Kinukon et de King qui nous fait découvrir son ancien groupe dont le son tradi-rock nous interpelle.
On ne tiens pas a rater le denier bus, donc on reprend assez tôt la route vers notre petit quartier bien aimé.

Portrait de Yuiko Tsuno


Lors d’un précédent article, nous évoquions la rencontre d’Uchronie avec la jeune et talentueuse conteuse-dessinatrice Yuiko Tsuno et la préparation de la soirée thématique « Chat bouilli, chaud bouillant à Shibuya » du 17 septembre.
La soirée a remporté un franc succès et Yuiko a accepté de se dévoiler un peu plus pour notre plus grand plaisir. J’ai eu la chance de l’interviewer et celle-ci s’est livrée de façon attachante dans un français quasi-parfait. Voici la retranscription de son interview.
Auto-portrait
« Mon nom est très rare au Japon et j’ai été surprise de découvrir par hasard l’héroïne de bande dessinée belge « Yoko Tsuno » il y a un an. A l’époque, j’avais la même coupe de cheveux qu’elle, plaisante-t-elle, donc j’étais une véritable « Yoko Tsuno ! » ».
Son homonyme, créée par Roger Leloup dans les années 1970 en plus d’être jolie, intelligente et combative, est électronicienne ce qui l’entraîne dans des aventures à mi-chemin entre fantastique et science-fiction et c’est en cela que l’univers de Yuiko se rapproche de celui de Yoko.
« J’adore les choses traditionnelles japonaises comme le Kayou-Roukyoku (style de chant populaire datant de l’ère Showa, empreinte de nostalgie pour le pays natal et les chagrins d’amour). Il mêle théâtre, chansons retraçant des faits héroïques de l’époque Edo notamment. Je m’appuie beaucoup sur cet art pour mes créations qui reposent sur la peinture, le théâtre et le cirque imaginaire. Je me suis rendue compte après avoir étudié la peinture à l’huile à l’université que je voulais aller au-delà de la peinture et le kamishibai a répondu à mes aspirations d’expression et de mise en scène. »
Sa mission : écrire et présenter ses contes grâce au kamishibai
« Avant, il n’y avait pas de télévision, les enfants n’avaient pas de distraction. Le conteur allait de parc en parc pour montrer le kamishibai aux enfants. Il suffisait d’acheter un bonbon pour voir le spectacle. Or, cet art a quasiment disparu aujourd’hui », dit-elle avec regret.
Yuiko s’est donnée pour mission de redonner ses lettres de noblesse au théâtre pour enfants, le « kamishibai » qui a bercé un peu son enfance à la maternelle mais surtout celle de sa mère.
Il ne s’agit pas du théâtre de marionnettes comme nous l’entendons en Occident mais d’un théâtre animé grâce à des dessins qui se succèdent dans un cadre en bois par un système de glissière. C’est le conteur qui au fil de son récit fait glisser les dessins dans sa « boîte à images» jusqu’au dernier qui marque la fin de la représentation.
Question budget, pratiquer cet art reste abordable en termes de location d’espace. C’est donc grâce au « kamishibai » que Yuiko donne vie aux personnages qu’elle crée et dont elle conte les aventures.
« J’adore raconter des histoires. Au Japon, les légendes mêlent avec brio mythologie et monde contemporain. J’aime imaginer qu’ici et ailleurs, il existe une porte qui s’ouvre sur une vie imaginaire, irréelle, empreinte de mythologie avec des personnages pleins de fantaisie, une sorte de passage d’un monde à l’autre. »
Sources d’inspiration et conte « Chat bouilli, chaud bouillant à Shibuya »
« Je m’inspire beaucoup des histoires relatées par le Kabuki » (forme de théâtre traditionnel japonais très prisé des citadins qui a vu le jour à l’époque Edo, au début du dix-septième siècle. Les pièces évoquent des événements historiques et le conflit moral lié aux relations affectives. Les acteurs déclament sur un ton monotone et sont accompagnés d’instruments traditionnels japonais.)
« Le point de départ du Kabuki choisie par Yuiko (il y en a plusieurs sortes) s'appuie sur un meurtre qui a réellement eu lieu, celui d’un fonctionnaire haut placé et d’une geisha par exemple. Une histoire est ensuite construite autour de ce fait. »
Le conte «Chat bouilli, chaud bouillant à Shibuya » qui a été réalisé en exclusivité pour la soirée du 17 septembre en partenariat avec la styliste Fifi et Uchronie avait pour trame l’histoire d’amour impossible entre Fifi, la souris et une jeune fille avec le chien Hachiko, symbole de fidélité indéfectible et héros tokyoïte comme fil conducteur de l’histoire.
Sa performance avec Uchronie
C’est par l’intermédiaire d’un poète de rue, rencontré à Avignon par Yuiko en 2011 que la jeune conteuse-dessinatrice et Uchronie ont été mis en contact.
Très vite, Uchronie a souhaité organiser une collaboration artistique et l’exposition de dessins de Yuiko à Tokyo sur le thème d’une jeune femme tombant amoureuse d’un ange a particulièrement interessé Uchronie. Son répertoire comporte, en effet, une chanson intitulée « Ange ». Il s’agit de la toute première chanson co-écrite par Gaël et Gilles aux balbutiements du groupe. C’était donc un bon présage !
Et pour cause, la collaboration avec Uchronie, nom qui a beaucoup inspiré Yuiko avant de les connaître, a été très positive. Uchronie a assuré les intermèdes musicaux des différentes parties du conte «Chat bouilli, chaud bouillant à Shibuya » pour la prestation du 17 septembre dernier et écrit spécialement quelques chansons et musiques pour l’événement.
« Avant de travailler avec eux, j’avais vu une vidéo et les avais trouvés très créatifs. Travailler avec Uchronie a été une vraie expérience, très différente du style japonais. Ils improvisent à tout bout de champs et donnent un réel sentiment de liberté. Leur esprit est très ouvert et très intéressant. Maintenant, je peux dire que grâce à eux, je ne me suis plus contenté de regarder les improvisations, j’ai été dans l’improvisation et cette collaboration m’a beaucoup plu et touchée. J’aimerais continuer à performer avec eux que ce soit en France ou en Japon. »
Un lien particulier avec la France
Yuiko n’est pas une Japonaise ordinaire : elle est arrivée en France à l’âge de trois mois et a passé ses trois premières années dans notre pays.
« Au Japon, une croyance dit que l’âme des 3 ans reste jusqu’à 100 ans, autrement dit tous les événements vécus jusqu’à l’âge de 3 ans influenceront la vie jusqu’à l’âge des centenaires», dit Yuiko avec un sourire malicieux.
De son tout premier séjour, Yuiko se souvient des chansons « Sur le pont d’Avignon » et « Frère Jacques ».
Elle voue une véritable admiration à « l’esprit révolutionnaire français », incarné notamment par "les Misérables" de Victor Hugo.
Son écrivain de prédilection se nomme Tristan Tzara. Il est l’un des fondateurs du dadaïsme et lui a permis d’étudier et de progresser en langue française. Elle aime beaucoup « Le Petit Prince » de Saint-Exupéry et les poèmes de Rimbaud.
Elle adore également les comédies musicales, notamment 1789 et Les Misérables dont elle connaît par cœur toutes les chansons.
Yuiko a des projets plein la tête notamment celui de revenir en France l’année prochaine. Elle ne manquera pas de venir saluer Tristan Tzara au Cimetière du Montparnasse et le vendeur-pantomine du Musée de la Magie avec lequel elle a beaucoup discuté des illusions.
Bonne continuation Mlle Yuiko et au plaisir de vous revoir bientôt lors d’une prochaine ballade uchroniaque !
Laurence Ségear - 0ctobre 2013

Jour n°48 Hiroyuki à Shibuya


 On se lève tôt se matin. On va rendre visite a un atelier d'artistes à Shibuya. C'est comme une maison bleue, mais au milieu de la ville, une fourmilière, le repère d'Ali Baba.
On prépare donc nos sacs de bon matin et nous quittons notre petite maison de Roppongi. On a rendez vous avec Yuiko près du chien de Shibuya. On laisse nos affaires ici pendant que François et Emilie vont chercher du vin pour faire un cadeau. Gaël, de retour de Nagoya nous rejoint. Je n'ai pas le temps de me préparer à lui faire une blague et de toute façon on est trop content de le retrouver.
Il nous parle de son voyage, du saké chaud et des aquariums de poissons rouges qu'il a vu à Nagoya. Après être passé à l'atelier d'artistes, on va manger dans un restaurant vietnamien, très bon.
Puis Gaël et Emilie rentrent se reposer. François, Laurence et moi, on va au sanctuaire Meiji à Yoyogi parc.
Il y a la le plus grand portique du Japon (12m) en bois de cèdre, à l'entrée du sanctuaire, des tonneaux de Saké font face à des tonneaux de vin. Ce sont des offrandes faîtes au temple.
A l'entrée du temple, je tire au sort une maxime en Japonais, que je ferais traduire plus tard.
Après une petite pause, et l'interview de François par Laurence, on repart vers Shibuya où on a rendez vous avec Hiroyuki, Emilie et Gaël.
On passe à la galerie "L'amusée"; Atsuko, n'y est pas mais on laisse des flyers, qui seront distribués à Saravah.
Hiroyuki nous amène manger à Shinjuku, des brochettes. C'est très bon avec du Shoju ou du Saké.
Après de nombreuses discussions un peu sur les Français beaucoup sur les Japonais, on quitte le restaurant et on se dirige comme hier vers le Golden Gai.
On retourne à "la Jetée" où veille toujours Tomoyo. On boit un verre et on discute. On fait la connaissance de Yanna, Grecque expatriée au Japon, qui parle Japonais parfaitement et bluffe Hiroyuki.
Puis nous prenons le chemin du retour, qui cette fois ci nous mène du cotès de Shybuya.

店 Chat bouillis chaud bouillant à Shibuya




Le japonais est une très belle langue, pas si complexe qu'on ne l'imagine à priori. La grammaire comprend peut d'irrégularité, il n'y a pas a proprement parlé de conjugaison des verbes par personne, pour beaucoup le sens d'une phrase dépendra du contexte. Il sera donc assez simple d'apprendre à dire quelque chose de valide en Japonais, en revanche, comprendre et se faire comprendre sera toujours difficile pour un étranger.

Je me suis mis en tête avant le voyage d'apprendre quelques formules, vocabulaires et éléments de langage sur internet par le biais d'un site très pratique et très bien fait. En 28 leçons, vous pouvez vous débrouiller et lire de petits textes :

http://www.ici-japon.com/apprendre-le-japonais

Le Japonais utilise trois alphabets différents, les Kanji, les Hiraganas et les Katakanas.

Les Kanjis sont un ensemble de caractères issu de l'écriture chinoise. Chaque Kanji peut avoir plusieurs son ou plusieurs sens, là aussi la lecture dépendra du contexte.

Il y a énormément de kanjis dans l'écriture japonaise, mais on considère que 1000 suffisent à lire le journal, un étudiant en fin de cycle en maitriserais 6 000.

J'ai essayé de retenir quelque Kanjis, mais ma mémoire n'est pas vraiment photographique et j'oublie les signes presque aussitôt appris. C'était donc une tache infinie, j'en apprenais une dizaine, une semaine après tout était à refaire. Je me suis donc rappelé des exercices de mémorisation des histoires que mon ami Samuel faisait faire à son fils Philéas à l'aide d'un jeu de cartes. Si l'enfant ne retenait pas l'histoire entièrement "mot pour mot" en revanche, il se souvenait avec une grande précision de chacune des étapes et pouvait décrire la carte suivante avant de l'avoir retourné.

Je me suis donc proposé de retenir les Kanjis avec des histoires. Lorsque je regarde un Kanji, comme lorsque l'on regarde des nuages ou des taches de moisissure, il arrive que le cerveau, en recherche de cohérence crée des images. Par exemple, on dira que ce kanji ressemble à une porte, ou a un œil, au soleil. Parfois, même la plupart du temps cette image n'a aucun rapport avec le sens original du kanji en question, c'est à ce moment-là qu'inventer une petite histoire amusante nous permettras de créer une connection et de mémoriser.

Par exemple je vous livre mon histoire amusante pour le kanji 店 utilisé dans tous les mots désignant un magasin ou un commerce comme : 喫茶店 kissaten : salon de thé

L'histoire se déroule il y a fort longtemps, dans un petit village qui existait à l'emplacement du quartier de Shibuya à Tokyo. C'était une petite ville prospère, mais un fléau se mit à sévir une année. Des hordes de chats venus d'on ne sait ou semaient la panique dans la quiète bourgade. Il se réunissait la nuit, on pouvait les voir, en conseil préparant leur mauvais coup à la tombée du jour. Ils profitaient des nuits sans lune.

À cette époque, la princesse Mayumi avait mangé la lune comme un gâteau sablé, ce n'est que quelques années plus tard que la lune réapparue, lorsque penché sur l'océan de la nuit, Maymi ne vit pas le diable Akuma s'approcher d'elle et défaire son collier dont les perles se disperseraient et formeraient les étoiles, le pendentif d'argent, lui, est devenu la lune. 


Quant au soleil, c'est une autre histoire, car, comme chacun sait, sans lui rien n'existerais, ni Mayumi, ni Akuma ni les hommes, les plantes et les rochers...

Ainsi donc dans ces nuits sans lune les chats, gris d'habitudes se fondaient complètement dans l'ombre, et tout leur mauvais coup étaient impunis. Ils n'avaient plus à fouiller les poubelles des marchands de poisson ... Ils leur suffisaient, nuitamment de se rendre dans les entrepôts, et a la fraiche de se rassasier de Saumon, Thon, Calamar, jusqu'à indigestion. On dit que certains de ces félins affutaient leurs griffes comme des sabres samouraïs et ils auraient alors inventé la recette du Sachimi, coupé en fines tranches.

Pour les marchands de poisson, c'était la ruine... Et s'il n'y avait eu qu'eux, avec le manger, il leur fallait le boire, aux chats, le meilleur lait mélangé au saké était un cocktail en vogue parmi la horde sauvage ! Les tonneaux étaient percés, vidés au matin, toute la journée les chats sur les trottoirs, au milieu de la rue, sur le pas de portes, cuvaient le fruit de leur forfait sous l'œil méprisant des passants.

Autant dire que les seul gagnants a cette situation étaient les souries et les rats qui firent signer aux chats engourdis par la nourriture et l'alcool un pacte de non-agression totalement absurde, mais toujours en vigueur aujourd'hui et qui fait qu'a Shibuya, vous ne verrez jamais un chat chasser une souris qui peuvent faire les poubelles à leur guise.

À cette époque, le vieux maître Michihiro avait une laiterie, il était régulièrement pillé et soufrait particulièrement de l'impunité des chats de Shibuya. C'est dans ce malheur que son fils Natsuhiro eut une idée qui s'avéra fort lumineuse.

Il allait effrayer les chats et leur montrer que s'il le fallait, on était prêt à les passer par les armes, a les pendre haut et court.

L'enfant fabriqua un petit sac en papier de riz qu'il remplit de paille et lui donna la forme d'un chat. Puis, avec beaucoup d'application, il lui peint des yeux en crois, comme le sont les yeux des chats morts. Enfin, a l'entrée du magasin de son père, il le suspendit par la queue à une potence.

L'effet ne se fit pas attendre, les chats effrayés par l'horrible vision, évitèrent l'échoppe de maitre Michihiro et se rabattirent sur d'autre adresse. Rapidement, la chose fut connue et il n'y eut pas un commerce dans tout Shibuya qui n'accrocha une sorte de chat mort à l'entrée de son établissement. Rapidement, on identifia les commerces de la ville à ce symbole. Et c'est pourquoi il se retrouve aujourd'hui encore dans les mots désignant les commerces.

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